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# Posté le mercredi 25 janvier 2006 08:30

Raphael

Raphael

Son regard bleu-vert fascine. Sa gueule d'ange un peu androgyne plaît aux filles comme aux garçons. Et ses chansons sont en train de devenir les hymnes de la génération bobo, un peu désillusionnée par la vie, mais qui veut croire en l'amour. A bientôt 30 ans, Raphael (sans tréma, à ne pas confondre avec celui de Carla Bruni, donc) est l'artiste en vogue, le timide romantique, un poil arrogant, un poil décalé. Voilà 3 semaines, alors que personne n'aurait parié sur une telle réussite, « Caravane » son troisième disque s'est installé à la tête du hit parade en France. Et semble parti pour y rester un bout de temps. Ses deux albums précédents avaient rencontré un bel écho sans pour autant atteindre des sommets. Mais cette fois, l'heure de Raphael a enfin sonné. « Je n'ai rien vu venir, se défend l'intéressé, je pense seulement avoir compris depuis deux semaines que la musique était devenue mon métier!»

Tout commence pour lui à l'âge de 8 ans. "J'étais aussi fan des mecs qui chantaient dans le métro que de David Bowie. Ils étaient, à mes yeux, sur le même pied.» Saisi d'une passion dévorante pour la musique, il se met à la guitare, compose ses premières bluettes et travaille comme un fou. Adolescent tranquille, parisien, bon élève, le jeune Haroche est plutôt du genre beau gosse brillant que punk nihiliste. « Je chantais tout le temps en classe, sans m'en rendre compte. Mes amis me disaient « Tu devrais faire chanteur, plus tard...Je les ai écoutés» Bac en poche, il intègre la prestigieuse hypokhâgne du lycée Henri-IV. Mais n'y reste qu'une journée. «Honnêtement, ma préoccupation majeure, à ce moment là, était de draguer les filles », précise-t-il en souriant. Ses parents ne trouveront rien à redire et encouragent l'adolescent à trouver sa voie.

Entre temps, Raphael a fait une rencontre déterminante pour sa carrière. Un soir de fête, il tombe sur Caroline, qui deviendra sa première fan, sa confidente, sa manageuse et la coréalisatrice de ses disques. Celle qui dans les moments de doute «sait me pousser, m'encourager, et sur qui je peux me reposer». Caroline est également la fille de Gérard Manset, véritable héros des amoureux de la musique. Résultat, à la sortie de son premier disque, on voit en lui l'enfant prodige de l'artiste maudit des années 70, l'homme qui l'aurait aidé à trouver une maison de disques. Un pistonné....et alors ? Quand « Hôtel de l'Univers » paraît en 2000, Raphael n'est hélas qu'un fan de rock mal dégrossi, entre Noir Désir et Placebo. Petit succès d'estime. Il semblait que la messe était dite.

Trois ans plus tard, décomplexé et ambitieux, le même Raphael effectue un virage à 180 degrés et s'offre un deuxième disque lumineux. « La Réalité » contient notamment le duo « Sur la route » avec Jean –Louis Aubert qui lui ouvre les portes des radios et du public.
Pourtant rien n'y fait, le chanteur s'attire de nombreux ennemis, les uns raillant son arrogance, les autres son coté « nunuche ». « L'arrogance est, comme le mépris, un état d'esprit que je déteste. Je ne me vois pas du tout comme ça. Que ma timidité passe pour de l'arrogance, je peux le comprendre. Mais je ne suis ni méchant, ni cynique, ni calculateur.» Au moment où la « scène française » explose, la critique ne l'inclut pas dans la liste des sempiternels nouveaux espoirs. Carla Bruni, Bénabar et Vincent Delerm raflent la palme des gens les plus communément cités. Un mal pour un bien.
Pendant que l'on se déchire sur la qualité des textes de Jeanne Cherhal ou sur le niveau des mélodies de Keren Ann, Raphael avance dans l'ombre. Les salles sont de plus en plus pleines, les jeunes filles se pâment devant sa beauté d'éphèbe. Il se construit peu à peu un personnage éthéré, insaisissable, loin des pulls à col roulé à la Delerm et des soirées arrosées de Bénabar. « Même si j'aime beaucoup les soirées spaghettis boulettes avec Bénabar !»

Ainsi quand « Caravane » paraît en mars dernier, son auteur apparaît presque comme un artiste neuf. D'où la claque générale à l'écoute du disque. « Cette fois, reconnaît il, j'ai voulu faire un album sur le sentiment amoureux. J'avais aussi envie d'évoquer la violence de l'amour, comme son coté fragile». Librement inspiré des derniers titres de Miossec, Thomas Fersen et Daniel Darc :«J'aime bien les mecs un peu dégénérés ", dit il. « Caravane » est un disque qui s'appréhende doucement, qu'il faut écouter plusieurs fois avant de le comprendre. Raphael s'est refusé aux mélodies classiques, aux structures trop évidentes. Une manière de dérouter pour mieux séduire. D'où, également, l'étonnement général quand il s'est accroché en haut du Top..... «Ce succès est largement accidentel, espère-t-il, il me facilite la vie. Il annonce aussi une très belle tournée...»

Aujourd'hui, Raphael semble plus confiant et plus serein que jamais. Avec l'actrice Mélanie Thierry , à ses cotés dans son dernier clip, il voit la vie en rose. « Je suis quelqu'un d'assez euphorique, du genre à avoir une idée ou un projet par jour. Il faut que l'on me cadre pour que je ne me lance pas dans des tucs un peu fous...» Demain, il sait que son statut va changer, que sa maison de disque va le soigner comme il faut... « Mon seul désir, admet il, c'est d'écrire des petites chansons dont on se souviendra plus tard. Comme « Mistral gagnant » de Renaud, ou comme un classique de Cabrel "Il ne tient qu'à lui d'y parvenir

# Posté le jeudi 24 novembre 2005 07:13

Raphaël



Vingt ans que j'attends seul
dans ma chambre
j'ai jamais rien fait de bien,
jamais rien fait de mal
j'veux pas rester là
j'veux pas rester là
je sais que tout s'en va
que tout s'ra chaque jour plus froid
mais avant j'veux t'apporter mon amour

vingt ans de service et de raison
tous ceux que j'aime un jour s'en iront
je f'rai c'qu'on m'a dit
je f'rai c'qu'on m'a dit
pour éviter les balles
et pour pas avoir trop mal
mais avant j'veux t'apporter mon amour

vingt ans de service et de raison
tu es si près de moi
mais tu me manque déjà
j'viens d'un désert, j'viens d'un désert
j'vais au déluge
et si j'ai fait un détour
c'est pour t'apporter mon amour

vingt ans que j'attends seul
dans ma chambre
à regarder dedans la vie qui continue
j'viens d'un désert, j'viens d'un désert
j'vais au déluge
et si j'ai fait un détour
c'est pour t'apporter mon amour

# Posté le mercredi 19 octobre 2005 12:52

Raphaël

Raphaël
Etre Rimbaud, ni laid, ni beau,
comme Pierrot et roder dans la ville
avec le rire cruel et le regard haineux.
Être de ceux jamais content,
jamais heureux,
au long des quais mouillés,
allant comme un noyé de la maladie bleu
car l'homme n'est pas aimé.
Qui cherche la vraie vie?
Bientôt le pont levi
de l'amour étombé,
arsins de l'envi
tu désires malmener
sur le torse appauvri
du poète tombé.
Etre Rimbaud, ni laid, ni beau,
comme cabot
et cracher le venin
comme d'autres respirent
ou se tiennent la main
car l'homme n'est pas aimé.
Non l'homme n'est pas aimé,
car l'homme n'est pas...
Etre Verlaine, juste un matin,
une semaine, pour connaître la faim
pour connaître la peine
et ça jusqu'à la fin
car l'homme n'est pas aimé.
Non l'homme n'est pas aimé,
car l'homme n'est pas...
Et la fin faut connaître,
a la fin faut connaître,
c'est la fin faut connaître,
pour connaître la foule,
pour connaître la haine,
pour connaître la foule,
pour connaître la haine.

# Posté le mercredi 19 octobre 2005 12:51

-- poste restant -- la réalité 2003

-- poste restant -- la réalité 2003
Je vous envoie mes compliments, poste restantes et puis tout ça,
Juré mes bons salauds, que je ne reviendrais pas,
Je n'ai plus rien a voir, je n'ai plus rien a croire. Là ou je suis, y'a les montagnes, des pariries et des vallées,
Et je pêche à la ligne, avec un ami anglais,

Je comprend pas tout ce qu'il dit, mais on s'entend très bien.
Qu'il est grand ce pays, Que la terre est loin.

Je n'ai plus de nouvelles, de vos journaux à la con,
Sorti de vos poubelles, le temps semble moins long,
J'ai coupé mes dépenses, et cette fois pour de bon.

J'ai rencontré une petite s½ur, qui vaut vraiment le coup,
Elle s'est mis une balle en plein c½ur, sur qu'elle était à bout,
Elle et moi on fait les choses, elle me sourit beaucoup.

Qu'il est grand ce pays, et que la terre est loin.
Ici il n'y a rien a faire, que le vent dans tes cheveux,
La vie toute entière, repasse sous nos yeux,
C'était un mystere, on n'y a vu qu'du feu.

Je n'ai plus de nouvelles, de ceux qui sont au pays,
Mes amis me manquent, du temps que j'étais en vie,
Je les revoie encore, oui mais bon moi,
je n'suis plus en vie.

Qu'il est grand ce pays, et que la terre est loin
S'il y a de l'esperance, alors toi seule le sais
Qu'il est grand ce pays, tu vois, je te rejoins.

Ici il y a des montagnes, des vallées des prairies,
Et je peche à la ligne, avec mon ami anglais
Ici on ne comprend rien, à ce qu'on fait ici

# Posté le mercredi 12 octobre 2005 05:55